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Édition composée d'enveloppes, 229 × 324 mm. Travail en cours depuis 2020.

L'image contient peut-être une collection d'images postées originellement sur le réseau social Instagram. Ces dernières ont été signalées par l'algorithme de l'application comme des contenus sensibles avant d'avoir une visibilité réduite ou d'être censurées. Pour décrypter ces images, analyser leur supposé contenu heurtant et donc le motif de leur exclusion, je détourne une fonctionnalité proposée par le réseau social : un système de description synthétique et automatique des images pensé initialement pour les utilisateurs non ou mal-voyants. Je joue avec ce que l'intelligence artificielle voit et ce que l'image représente réellement avant de les classer chacune dans un dossier qui leur correspond.

À l'intérieur de ces dossiers, des corps dénudés peuvent aussi bien fréquenter des œuvres d'arts, des photographies vernaculaires que des images de guerres, d'animaux maltraités ou de corps malmenés. Tout se mélange et semble avoir la même valeur. Aucun des dossiers ne dit rien des origines ou des conditions dans lesquelles les images ont été prises, faites, ou mises en circulation. Pas de légendes, pas de commentaires : les images sont devenues des éléments autonomes. Désormais extraites de leur environnement d'origine et imprimées sur du papier autocollant, elles se voient offrir une nouvelle possibilité d'existence. Elles peuvent s'exposer et exister autrement, se propager en dehors, parasiter d'autres ailleurs.