Figures         English version
2018 - 2019.


Je m’intéresse au milieu des drag-queens pour les questions identitaires, de sexe et de genre qu’il soulève. Ces performers déconstruisent la binarité de genre en jouant des codes du masculin et du féminin vers des créations libres de toute assignation sexuelle fixe. Leurs figures m’ont captivé dans leurs phases de transformation permises par les procédés cosmétiques et m’ont amené à m’intéresser au rituel du démaquillage.

Après avoir assisté et photographié leurs performances, j’ai souhaité les aborder dans les coulisses, souvent exiguës et mal éclairées dans lesquelles les silhouettes, les coiffures et les vêtements s’agitent et se mélangent. Je cherche à créer un espace entre le modèle et moi qui me permette de me focaliser sur son visage et de documenter cet instant éphémère et intime entre deux identités. J’ai été honoré de leur collaboration et de ce point de vue privilégié qui me permet d’avoir accès à la personne qui se cache derrière l’interprète. La lingette démaquillante recueille l’empreinte du masque de scène, dernier témoignage tangible d’un personnage vivant dans une dimension éphémère. Elle rend compte de la dimension cosmétique qui gravite autour de ces personnages aux contours flous et transfigurés dont il ne reste qu’une trace vibrante - entre une palette d’artiste et la relique d’un Saint Suaire.



Un grand merci à : Babouchka Babouche, Cookie Kunty, Enza Fragola, Gazelle et Karma Von Lear, La Duchiasse, Mademoiselle Surprises, Minima Geste, Nadine Thaïland, Yuni Sekkusu ainsi qu’à toutes les autres merveilleuses drag queens que j’ai rencontré mais qui n’apparaîssent pas dans cette sélection.